đ” Anna vivait dans une petite maison Ă la pĂ©riphĂ©rie de la ville. Ses cheveux gris, ses yeux doux et ses mains fatiguĂ©es racontaient des annĂ©es de sacrifices. Chaque matin, elle se levait tĂŽt pour prĂ©parer une soupe simple đČ et respirer un peu dâair frais. Mais ces derniers mois, tout Ă©tait devenu difficile : la pension ne suffisait mĂȘme plus pour le pain et les mĂ©dicaments.
Un soir, elle prit son tĂ©lĂ©phone đ± et, dâune voix tremblante, dit :
â « Ma fille⊠aide-moi avec un peu de lait, je nâai plus dâargent⊠» đą Elle dĂ©tourna le regard, honteuse, comme si sa fille pouvait la voir.
đ© LĂ©na, sa fille, resta silencieuse une seconde. Les souvenirs revinrent : sa mĂšre qui la conduisait Ă lâĂ©cole đ, qui veillait tard la nuit đ, qui Ă©conomisait chaque sou pour son avenir.
â « Maman, voyons ! Bien sĂ»r que je tâaide ! đ », rĂ©pondit-elle avec douceur.

Le lendemain, LĂ©na arriva avec des sacs remplis de provisions đ„đ„đ. En ouvrant la porte, Anna eut les larmes aux yeux.
â « Je ne voulais pas tâembĂȘter⊠tu as dĂ©jĂ tant Ă faire⊠», murmura-t-elle.
â « Tes soucis sont mes soucis, maman. đ· Maintenant câest mon tour de prendre soin de toi », dit LĂ©na en lâenlaçant đ€.

DĂšs ce jour-lĂ , elle vint plus souvent. Elle ne venait pas seulement avec des courses, mais aussi avec du temps. Elles buvaient du thĂ© â, parlaient, riaient đ. La maison retrouva une chaleur oubliĂ©e.
MĂȘme la petite-fille commença Ă venir đïž. Elle apportait des dessins, des cĂąlins et beaucoup de joie. Anna comprit quâelle nâĂ©tait pas seule.
Un soir, elle chuchota :
â « Lâargent va et vient⊠mais lâamour reste pour toujours đ. »