«Comment, dans un bus bondé, j’ai tiré le mauvais écouteur, créé un concert à deux musiques et laissé un pauvre gars complètement sous le choc»

Il faut que je vous raconte une scène absolument improbable qui m’est arrivée dans un bus. Imaginez la situation : il est huit heures du matin, le bus est tellement rempli qu’on pourrait croire qu’on transporte toute une équipe de rugby, leurs familles et leurs bagages.

J’essaie de survivre, accrochée à une barre métallique, avec mes écouteurs dans les oreilles. La musique est mon petit refuge, mon espace privé dans cette marée humaine.

Et puis, catastrophe. L’un de mes écouteurs glisse doucement hors de mon oreille, comme s’il avait décidé de prendre sa liberté. Évidemment, il tombe quelque part entre les sacs, les manteaux et les coudes.

Je commence à tâtonner, discrètement, essayant de récupérer le fil sans attirer trop d’attention. Finalement, je sens un câble sous mes doigts. Ouf, je l’ai retrouvé !

Mais… non. Le fil est coincé. Je tire un peu, rien ne bouge. Je tire plus fort, toujours rien. Là, je perds patience. Je me dis : « Bon, assez joué, je récupère mon écouteur, coûte que coûte.

» Je donne un coup sec, le câble jaillit enfin, et triomphante, je remets l’écouteur dans mon oreille.

Sauf qu’aussitôt… je me rends compte que quelque chose cloche. Dans une oreille, ma musique habituelle continue. Mais dans l’autre, j’entends une chanson totalement différente, avec un rythme décalé, des paroles inconnues.

Mon cerveau essaie de combiner les deux, résultat : une cacophonie digne d’une soirée électro expérimentale.

Je me tourne légèrement, et là je comprends. Le garçon juste à côté de moi me fixe, bouche bée. Dans sa main, il tient l’autre extrémité du fil que j’ai arraché. Oui, vous avez deviné :

j’étais en train de tirer sur son écouteur à lui, persuadée que c’était le mien !

Lui, choqué, n’ose pas parler. Moi, prise sur le fait, je réfléchis à toute vitesse :
— Dois-je dire : « Oh, génial, un duo surprise » ?

— Ou : « Je teste une nouvelle fonction Bluetooth artisanal » ?
— Ou mieux, ne rien dire du tout et faire comme si c’était normal ?

J’ai choisi l’option silence. Avec un air très sérieux, j’ai gardé les deux écouteurs dans mes oreilles, j’ai regardé par la fenêtre et j’ai fait semblant que c’était prévu depuis le début.

Le pauvre garçon, lui, est resté immobile, comme s’il venait de vivre une expérience paranormale. Je crois qu’il réévaluait toute sa vie à ce moment précis.

Et moi ? J’avais gagné, sans l’avoir voulu, un concert improvisé avec deux playlists différentes. Moralité : dans un bus bondé, on ne sait jamais à quelle bande-son on va se retrouver abonnée.

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