Personne dans le village ne comprenait pourquoi cette poule se comportait étrangement ce matin-là. Elle courait près de la rivière, caquetant doucement, comme si elle appelait quelqu’un qui n’était pas là.
Les habitants pensaient que ce n’était qu’une poule inquiète, mais elle savait quelque chose que personne d’autre ne percevait.
La nuit précédente, une forte pluie était tombée et la rivière avait débordé, emportant tout ce qui se trouvait trop près de l’eau.
Le matin, il restait des branches cassées, des feuilles trempées… et plusieurs œufs de canard froids et abandonnés. La poule fut la première à les trouver.
Elle s’approcha avec précaution et inclina la tête, observant les œufs avec attention.

Elle ne s’éloigna pas, mais commença à les rouler doucement vers son nid, un à un, malgré leur odeur étrangère et le fait qu’ils n’étaient pas les siens. Chaque mouvement montrait sa détermination à protéger ces petits.
Les jours passèrent, et certains villageois riaient en voyant son comportement. « Pourquoi se donner tant de peine pour des œufs qui ne sont pas les siens ? »
disaient-ils. La poule, cependant, ne comprenait pas les mots. Elle sentait seulement le besoin de rester avec eux, de les garder au chaud et en sécurité.
Puis un matin, un petit craquement se fit entendre. Un œuf, puis un autre, se fissurèrent. De minuscules canetons, encore mouillés et fragiles, commencèrent à sortir.
Ils se blottirent immédiatement contre les plumes chaudes de la poule. Elle caquetait doucement, comme pour leur dire : « Je suis là. »
Lorsque les canetons grandirent, le moment tant attendu arriva. Ils se dirigèrent vers l’eau. La poule resta sur la rive, inquiète, car elle ne savait pas nager.

Les canetons, cependant, entrèrent dans l’eau sans peur et commencèrent à barboter joyeusement, revenant parfois vers elle pour un réconfort rapide.
À ce moment-là, il devint évident que l’amour ne dépend pas de l’espèce, du sang ou de la nature. Il dépend du choix, de la volonté de protéger et d’aimer.
La poule n’avait pas pondu ces œufs, mais elle devint un foyer et une mère pour ces canetons. Même en les laissant nager dans la rivière, elle restait leur maman dans le cœur.